À Forrières, l’une des plus grandes entités de la commune de Nassogne, la rivière La Lhomme traverse le village et fait le bonheur des pêcheurs. L’été, les enfants s’y retrouvent parfois pour jouer sur ses berges. Mais derrière ce décor bucolique se cache une réalité bien moins reluisante : une partie des eaux usées du village s’y déversent directement.
Ancien premier échevin de Nassogne, André Blaise tire la sonnette d’alarme. Dans une vidéo tournée par un journaliste de La Meuse Luxembourg, il dénonce la situation :
« J’ai vu des enfants jouer à proximité des rejets. Quant aux poissons pêchés dans la rivière, je me demande parfois s’ils sont propres à la consommation vu l’eau dans laquelle ils nagent. Avec les sécheresses actuelles, le lit de la Lhomme s’assèche et les égouts se rejettent dans une simple mare. »
Un problème ancien et toujours sans solution
André Blaise connaît bien le dossier. Habitant longtemps le village et ancien membre du conseil d’administration d’Idelux Eau, il a souvent interpellé la SPGE (Société publique de Gestion de l’Eau) afin que Forrières puisse bénéficier d’une station d’épuration. Mais le dossier traîne depuis des années dans les méandres administratifs.
Son successeur, l’échevin José Dock, confirme : « On continue à se battre, mais c’est très compliqué. À chaque fois qu’on sollicite la SPGE, on nous répond que l’eau de la Lesse et de ses affluents est de bonne qualité par rapport à d’autres sites. Résultat : Forrières n’est pas considéré comme une priorité et le dossier est systématiquement reporté. »
Pas avant plusieurs années
Le projet figure bien au programme 2022-2027 de la SPGE, mais il ne devrait pas voir le jour avant plusieurs années. La raison ? Les besoins sont énormes à l’échelle de la province du Luxembourg : près d’une centaine de stations d’épuration doivent encore être construites. Même si le dossier de Forrières venait à être étudié en 2027, il faudrait compter environ six ans avant une mise en service effective.
De plus, la création d’une station d’épuration à Forrières nécessiterait une adaptation complète du réseau d’égouttage local, ce qui alourdit encore la complexité et les délais. La commune envisage en parallèle un projet de réseau de chaleur, qui pourrait nécessiter une coordination entre les deux chantiers afin d’éviter des ouvertures de voirie répétées.
Une inquiétude persistante
En attendant, la Lhomme continue de recevoir les eaux usées du village, sous les yeux des habitants. Un problème qui interroge, tant pour la qualité de l’eau et de la biodiversité que pour la santé publique des pêcheurs et des familles.
Pour André Blaise, ce combat reste essentiel : « La situation ne peut plus durer. Il est urgent que des solutions soient enfin mises en œuvre pour protéger la rivière et les habitants. »
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