Cinq mois après le voyage des Nassognards en Quercy, c’est au tour de Martel de prendre la route du nord. Du vendredi 15 au lundi 18 septembre 1967, une importante délégation martelaise traverse la France pour rejoindre l’Ardenne et y vivre la deuxième partie du jumelage. Les pages soigneusement assemblées par Madame Adèle Bouquié — programme dactylographié, coupures de presse française et belge, photographies en couleurs des cérémonies, du défilé et de la signature des chartes — restituent jour après jour ces journées de liesse, où les rues fleuries et pavoisées de Nassogne accueillirent la « cité aux sept tours » dans un enthousiasme qui marqua durablement les deux populations.
L’annonce du voyage et la préparation à Martel
Dès le mardi 5 septembre, la presse quercynoise annonçait le voyage. À 21 h 30, dans la salle des fêtes de la mairie de Martel, les membres du Comité d’Expansion économique et du Syndicat d’Initiative s’étaient réunis sous la présidence de Robert Jardin, assisté du secrétaire M. Bouquié, pour finaliser les derniers préparatifs. La délégation devait compter 57 personnes, auxquelles s’ajoutaient les 34 membres de la clique des Aiglons Martelais. Le départ du car avait été fixé au vendredi 15 septembre, à la première heure, le rassemblement complet de la délégation s’effectuant le même jour à 15 heures à la frontière, à Bouillon. Les Aiglons faisaient le voyage par car ; les autres membres rejoignaient l’Ardenne en voitures particulières.
Au même moment, à Martel, deux jeunes hommes faisaient parler d’eux par une initiative inattendue. Hubert Jardin, 30 ans, conseiller municipal et fils du président du Comité d’Expansion économique du Haut-Quercy, et Robert Pradeyrol, 30 ans, fils d’un garagiste martelais et vice-président du même comité, avaient décidé de se rendre à Nassogne à bicyclette, soit huit cents kilomètres à pédaler en six étapes : Meymac, Montluçon, Nevers, Chalons, Mazagrande, Sedan — puis Nassogne. Entraînés sous la direction de Stéphani Coach, de l’équipe de football de Martel, ils étaient accompagnés d’une caravane pilotée par Bernard Vialettes, le ravitaillement étant assuré par un cuisinier martelais, Alain Sarrazac. La presse soulignait avec malice qu’aucun pari n’était à l’origine de ce raid : les deux hommes avaient simplement décidé qu’en cas d’abandon, ils renonceraient à participer aux fêtes du jumelage — « en quelque sorte, leur punition ».
Huit cents kilomètres à bicyclette

Le vendredi 15 septembre au matin, vers sept heures, devant le garage Pradeyrol, l’animation est grande. Le soleil se lève à peine, mais on prépare déjà un grand départ. Renonçant aux voitures particulières qui doivent emporter le reste de la délégation, Hubert Jardin et Robert Pradeyrol enfourchent leurs vélos de course, soigneusement gonflés à l’air de Martel qui sent, dit-on, le Vin de Cahors. Bernard Vialettes et Alain Charazac, dans une DS, les escorteront confortablement et pourront, le cas échéant, les encourager à coups d’accélérateur.
Deux coups de fusil donnent le signal du départ. Les cyclistes s’élancent en tête, le peloton s’ébranle, et les drapeaux belges et français flottent au vent. « Bonne route Hubert Jardin et Robert Pradeyrol, et bon séjour à Nassogne chez nos amis belges », écrit le chroniqueur du Sud-Ouest, André Souchal. À l’heure dite et au signal donné par M. Bouquié, secrétaire du Syndicat d’Initiative et du Comité d’Expansion économique, les deux compatriotes s’élancent pour la grande aventure, suivis par une voiture traînant une caravane et pavoisée aux couleurs belges et françaises. Le périple, ponctué de la rencontre avec quelques amis belges en villégiature dans la région — notamment M. Rossignon, président interrégional des Syndicats d’Initiative des Ardenne belge — s’achèvera quelques jours plus tard à Nassogne, où les attendent les festivités du jumelage.
Vendredi 15 septembre : l’arrivée à Nassogne
Vendredi, en fin d’après-midi, les rues de Nassogne sont secouées par les accents de la clique de Martel. C’est la première image d’un jumelage qui deviendra officiel dès le dimanche. Nassogne, la cité fleurie, s’est composée mille raisons d’être amie avec cette ville du Quercy, dont on a déjà beaucoup parlé. Les affinités ne manquent pas : déjà fleuries, franches, désintéressées et entières, les amitiés sont convaincues qu’elles préparent depuis longtemps un jumelage dont on attend beaucoup.
Vendredi après-midi, les Nassognards découvrent les Martelais dans l’enthousiasme et l’impatience, dans la joie. Les drapeaux belge et français marient leurs couleurs. Les membres du Syndicat d’Initiative ont lancé dans l’organisation toutes leurs ressources, tout leur enthousiasme, tout leur entrain. Albert Choque, président du Syndicat d’Initiative de Nassogne, l’avoue volontiers : « Nous avons fait l’impossible pour que les Martelais se sentent chez eux, dans toute la simplicité, dans la vérité d’une amitié qui ne connaîtra pas d’automne ni d’hiver. » Edmond Leroy, secrétaire, et ses compagnons n’ont rien négligé pour que la manifestation soit parfaite. Hubert Jardin, conseiller municipal de Martel et administrateur du Syndicat d’Initiative, n’en revenait pas : « Ces gens de Nassogne sont formidables, ils ont un sens de l’hospitalité que nous n’avons jamais rencontré. »
Vers 18 heures, la ville de Martel s’est mise en marche dans l’Ardenne. Avec sa clique, avec ses conseillers municipaux, avec ses représentants du Syndicat d’Initiative et, surtout, avec sa spontanéité, la délégation est accueillie place communale par la population, le bourgmestre Édouard Paquet entouré de ses échevins, de plusieurs conseillers communaux, des membres du Syndicat d’Initiative et des membres du comité de jumelage. Le bourgmestre souhaite la bienvenue en des mots simples et sincères ; le vin a des vertus extraordinaires, mais les Français apprécient la bière belge — et c’est un verre de « trappiste » qui marque l’accueil de la cité de Nassogne. La répartition dans les familles d’accueil clôture cette première soirée.
Samedi 16 septembre : la découverte de la cité et de la région
Le samedi, à 9 heures, le Syndicat d’Initiative ouvre pour ses amis français l’éventail des richesses de la cité. M. l’abbé Habran commente la visite de la collégiale, dont on admire le trésor, le chœur roman, l’autel baroque et les fresques très belles. Ensuite, les voitures s’enfoncent en pleine forêt, dans une nature qui commence déjà à oublier les chants de l’été.
L’après-midi, la délégation s’offre un véritable périple à travers les plus beaux sites de la région. À 14 heures, c’est le départ pour l’excursion : Bande, et son émouvant Monument des Fusillés où l’on rend hommage aux victimes de la barbarie nazie ; Champlon-Ardenne ; Nisramont et son barrage ; Nadrin et le panorama des hauteurs ; La Roche-en-Ardenne, où l’on visite les ruines du château fort ; et Marche-en-Famenne, où la délégation est reçue avec chaleur. Sur tout le parcours, les « Aiglons » de Martel, beaux et fiers dans leurs uniformes, traversent la ville de Marche-en-Famenne précédés par les danseurs de la Plovinette, à la grande joie des habitants.
Le soir, dans la salle des fêtes de Nassogne, un bal endiablé permet à l’excellent orchestre Philippin d’épuiser un répertoire de choix avec les danses d’hier et d’aujourd’hui. La soirée se prolonge dans la nuit, et plusieurs se feront un devoir de veiller pour saluer l’aurore.
Dimanche 17 septembre : le jour du jumelage officiel
Le dimanche est le grand jour. À 9 h 30, rassemblement Place Communale. À 10 heures, la grand-messe du jumelage est célébrée à la collégiale avec la participation des sonneurs de cors de chasse de Saint-Hubert. La messe est concélébrée par M. l’abbé Bastin, doyen de Nassogne, M. l’abbé Pradelle, vicaire de Martel, et M. l’abbé Roland, vicaire de Nassogne. Le sermon de circonstance est prononcé par M. l’abbé Habran, ancien vicaire de Nassogne et actuellement curé de Louftémont. Il dégage les valeurs humaines et chrétiennes du jumelage et invite l’assemblée à voir, dans cette union, plus qu’une fraternité entre deux cités : « D’autre part, dit-il, le jumelage doit éveiller une plus grande fraternité entre deux pays, faire mûrir une meilleure compréhension. Il s’agit de perpétuer le message de fraternité proclamé par le Christ, il y a deux mille ans. »
À l’issue de la messe, un cortège se forme derrière la Fanfare Royale Communale et les Aiglons de Martel. La foule se rend devant le monument aux morts, fleuri par M. Méteyé et le bourgmestre Paquet. Joseph Nicolas, président de la section locale des Anciens Combattants, prend la parole avec émotion pour rappeler les sacrifices consentis par les soldats français et belges au triomphe du droit et de la liberté. La cérémonie se termine par La Marseillaise et La Brabançonne.
L’après-midi, à 14 heures, le stade Émile Benoit accueille un match de football mémorable entre Nassogne et Soy, dont le coup d’envoi est donné par M. Quaranta, capitaine de l’équipe martelaise. La rencontre, magistralement enlevée par les joueurs de Nassogne, donnera matière aux conversations du soir.
À 16 h 30, dans la salle communale, débute la cérémonie officielle de la signature des chartes du jumelage. Le bourgmestre Paquet prend la parole le premier : « Dans le temps, Martel comme Nassogne ont servi les mêmes ducs carolorégiens. Au cours des siècles, nous avons défendu les mêmes causes. Aujourd’hui, je souhaite pour nos deux cités jumelées, une existence pacifique. » Le maire Métayer répond en souhaitant que les deux cités jumelées échangent des idées, des techniques et des produits, et qu’une union toute neuve se poursuive par de nombreuses retrouvailles. Albert Choque, président du Syndicat d’Initiative de Nassogne, met à l’honneur les chevilles ouvrières du jumelage — MM. Edmond Leroy et René Bouquié — et rappelle l’histoire de Nassogne en évoquant le souvenir de Charles Martel et de Pépin le Bref, ainsi que celui de saint Monon, protecteur de la paroisse. Robert Jardin, président du S.I. de Martel, parle au nom du comité d’expansion du Nord Quercy ; il rappelle que l’idée des jumelages avait été donnée par la similitude entre les grottes de Han et le gouffre de Padirac, ainsi que par l’Union sur le plan touristique du Haut-Quercy, comme membre du Conseil du Grand Ordre de Roc-Amadour, du Diamant Noir et du Vieux Vin de Cahors—, et annonce que la création d’une section belge avec tous les privilèges réservés à ses membres a été décidée. Enfin, au nom du S.I. de Martel, il offre à MM. Paquay, Choque et Leroy les armoiries de la ville, sculptées sur bois par M. Valadie.
Deux parchemins sortis des mains des Carmélites de Marche
L’instant le plus solennel reste celui de la lecture et de la signature des deux chartes du jumelage, véritables œuvres d’art réalisées par les religieuses du Carmel de Marche-en-Famenne. Marcel Sépul, secrétaire communal de Nassogne, lit celle destinée à Nassogne ; M. Bouquié, secrétaire du S.I. de Martel, lit celle du Lot. Sur le parchemin destiné à Martel, on peut lire ces lignes :
« Serment de jumelage. Nous, Édouard Paquet, bourgmestre de Nassogne (Belgique), et Mathieu Méteyé, maire de Martel-en-Quercy (France), au nom de nos conseils communal et municipal, au nom de tous nos concitoyens, certains de répondre aux aspirations profondes et aux besoins réels de nos populations, sachant qu’historiquement nos villes ont des affinités qui les incitent à devenir villes sœurs, considérant que ces affinités doivent revivre et permettre à nos deux cités et à leurs habitants de reconstruire et de maintenir des liens de franche amitié, en ce jour 17 septembre 1967, avons décidé et déclarons : de favoriser en tous domaines les échanges entre Nassogne et Martel-en-Quercy, pour développer par une meilleure compréhension le sentiment de fraternité nationale et européenne, et de contribuer à ce que le tourisme soit vraiment entre nos deux pays un passeport pour la paix. »
Après les discours, la délégation martelaise applaudit le Médiator Club Mandoliniste de Nassogne, qui donne un concert. Puis la foule se déplace, à 18 heures, à l’entrée de la chaussée qui doit être officiellement inaugurée : la rue de Martel.
L’inauguration de la rue de Martel
À 18 heures, à l’entrée de l’ancienne rue des Écoles — désormais rue de Martel —, le maire Mathieu Méteyé coupe le ruban tricolore sous les applaudissements de la foule. Hubert Jardin, conseiller municipal et administrateur du Syndicat d’Initiative de Martel, prend la parole et déclare notamment : « Une rue de Nassogne portant le nom de Martel, c’est le symbole de l’hyménée qui concrétise les amours platoniques de nos deux cités. Nos deux régions ont beaucoup de points communs et de nombreuses affinités réunissent les deux populations. » Il confirme également que la municipalité de Martel avait, de son côté, décidé de donner le nom de Nassogne à une de ses artères, qui deviendra l’avenue de Nassogne.
La journée se termine par une aubade offerte aux habitants par les Aiglons Martelais et le groupe de cors de chasse de Saint-Hubert ; les bouchons de champagne sautent, les rires fusent, et la fête se prolonge tard dans la nuit. « Très souvent, dit M. Albert Choque, nous sommes témoins des réalisations de M. Edmond Leroy, qui travaille avec modestie, sans ostentation, sans déclarations intempestives mais toujours efficaces. »
Lundi 18 septembre : la matinée libre et l’excursion d’adieu
Le lundi 18 septembre, en fin de matinée, une réunion des responsables des deux cités s’est tenue à la Maison communale ; on a parlé des prochaines manifestations, des échanges culturels, des vacances, des enfants, et il a également été question d’établir dans les deux localités un dépôt de produits ardennais et quercynois.
L’après-midi, à 14 heures, c’est le départ pour la dernière excursion : Nassogne, Han-sur-Lesse (visite des grottes), Fourneau Saint-Michel (visite du musée et exposition du Quercy), Saint-Hubert (visite de la basilique), puis retour à Nassogne. À 21 h 30, sur la place communale, se déroule le clou de la fête : le jeu d’échecs vivant, organisé par le Cercle des Sabotiers. Le spectacle, haut en couleurs, est suivi avec beaucoup d’attention. Les lampions s’éteignent tard dans la nuit ; la vie quotidienne a repris ses droits.
Auparavant, les membres de la clique, les enfants des écoles et toute la population avaient formé au centre du village une ronde d’amitié qui se disloqua après le chant de l’au revoir. Lundi matin également, un tournoi de ping-pong s’était déroulé au Relais Saint-Monon entre une équipe locale et quatre Martelais. Ceux-ci ont donné une véritable leçon de tennis de table au club de Nassogne, qui présentait une équipe incomplète mais courageuse — M. José Maréchal, président, était néanmoins satisfait : « Nos joueurs Jean-Louis Nivelles, Jean Wigny, Jacky Bande et Christian Lenoir se sont bien défendus. » Les Nassognards avaient en face d’eux Robert Pradeyrol, tout juste champion du département du Lot, et Hubert Jardin, quatre fois finaliste.
Le départ et les promesses d’avenir
Mardi, peu avant 8 h 30, l’autocar emportant les Aiglons a quitté la place communale. Le jumelage de Nassogne-Martel vient de se terminer. On a, à présent, le loisir d’accumuler les souvenirs. Très longtemps encore, dans les foyers de la cité des sabotiers et de la petite ville du Lot, on évoquera les manifestations grandioses qui ont marqué l’union des deux localités. Les Nassognards ont fait preuve d’une note extraordinaire d’hospitalité, et les Martelais ont unanimement apprécié l’accueil cordial et chaleureux qu’ils ont reçu.
Les Aiglons — et avec eux la délégation martelaise — sont déjà attendus pour de nouvelles retrouvailles. Avant le départ, le bourgmestre Paquet a souhaité, devant la pluie, que les contacts entre les deux villes s’amplifient, qu’on échange des idées, des techniques, des produits, et que le jumelage garde son caractère social et éducatif. Le maire Méteyé, en remerciant pour l’accueil si chaleureux réservé à ses concitoyens, a confirmé la grande amitié des Martelais pour les Nassognards.
Choque, président du Syndicat d’Initiative, a remercié les autorités et toutes les personnes qui ont participé à la réussite de cette fête, notamment MM. Leroy et Bouquié. Au moment des adieux, Hubert Jardin précisera encore que le périple à bicyclette avait eu valeur d’un symbole prouvant que les deux localités n’étaient pas tellement éloignées l’une de l’autre. La présence belge, à travers ce raid de 800 kilomètres, suivait à la moyenne de 21 kilomètres à l’heure — sans compter les 70 kilomètres de leur terminus à la frontière, où la délégation française avait quêté avec coquetterie jusqu’à s’informer de la route la plus accidentée pour relier Nassogne, ce qui leur a valu un fort pourcentage.
L’écho enthousiaste de la presse
Sous des titres évocateurs — « Un jumelage qui s’annonce bien », « Nassogne a reçu dans l’enthousiasme la délégation de Martel », « En un jumelage enthousiaste : les Cités de Nassogne et de Martel se sont unies dans la joie et la sincérité », « Jumelage enthousiaste de Nassogne-Martel », « La délégation de Martel a quitté Nassogne » — la presse belge et française relate avec ferveur ces journées d’atmosphère enchantée. « Pour relater le jumelage de Nassogne-Martel qui vient de connaître sa confirmation au cours du week-end, écrit le chroniqueur André Collard, il faut user des mots selon leur intime palpitation, sans les séparer de leur vrai sens. Si nous parlons d’enthousiasme, nous devons laisser à ce terme tout ce qu’il comporte de ferveur et d’atmosphère enchantée. »
Les chroniqueurs saluent unanimement l’accueil chaleureux des familles nassognardes, l’enthousiasme des foules massées dans la salle des fêtes et le long du parcours, ainsi que la qualité des prestations du Médiator Club Mandoliniste de Nassogne, de la Fanfare Royale Communale, du groupe folklorique « Li Vi Nassogne », des danseurs de la Plovinette de Marche-en-Famenne, des sonneurs de cors de chasse de Saint-Hubert et de la clique des Aiglons Martelais. Beaucoup notent que ce n’est pas un adieu mais bien un au revoir, et que la délégation martelaise est attendue à Martel pour de nouvelles retrouvailles.
Un symbole durable
Plus d’un demi-siècle après ces journées, les pages assemblées par Madame Adèle Bouquié — articles découpés du « Sud-Ouest » et de la presse belge, photographies de l’arrivée, du défilé, du recueillement au monument aux morts, de l’inauguration de la rue de Martel, du serment de jumelage calligraphié par les Carmélites — témoignent de la vitalité d’une amitié née entre la « cité aux sept tours » du Quercy et la commune ardennaise.
De cet automne 1967 sont nés deux symboles toujours visibles aujourd’hui : à Nassogne, une rue de Martel, et à Martel, une avenue de Nassogne. Deux artères qui rappellent, à chaque génération, que l’amitié entre les deux cités fut scellée non par les mots seulement, mais par les visites, les échanges, les cérémonies, les rires partagés et les longues étreintes des départs. Le jumelage, scellé dans l’enthousiasme, traversera les décennies — et continue, aujourd’hui encore, de faire vivre cette amitié franco-belge qui, comme le rappelait l’abbé Habran dans son sermon, est aussi une fraternité européenne et chrétienne.
Article établi d’après les archives rassemblées par Madame Adèle Bouquié : programme officiel dactylographié, coupures de presse française et belge des mois de septembre et octobre 1967, photographies d’époque, parchemin du serment de jumelage rédigé par les Carmélites de Marche-en-Famenne. Certaines photos sont de Georges Evrard.
Tous les articles consacrés à l'histoire du jumelage Nassogne-Martel, issus des archives de Madame Adèle Bouquié, sont regroupés sur cette page : http://www.nassogne.eu/archives-bouquie/





