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Forrières : on mélange l'eau du captage avec celle de la SWDE pour faire baisser les nitrates

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Le captage de Neuve-Fontaine, à Forrières, alimente depuis près d'un siècle un tiers des habitations du village. Mais les concentrations en nitrates s'y rapprochent dangereusement de la limite de potabilité. Pour garantir une eau aux normes au robinet, la commune de Nassogne pratique aujourd'hui un mélange avec l'eau du réseau de la SWDE. La question a été débattue ce lundi 27 avril lors de la séance du conseil communal de Nassogne..

Une question soulevée par la minorité

C'est le conseiller Philippe Lefèbvre qui a remis le dossier sur la table lors de la séance, en interrogeant le collège sur les zones et populations concernées par le captage, ainsi que sur les mesures concrètes prises face à la montée des nitrates. Il a également relié la problématique au dossier des poulaillers industriels de Harsin, pour lequel le collège lui-même reconnaît ne pas pouvoir exclure de risques pour la santé et l'environnement.

La réponse du collège : un mélange avec l'eau de la SWDE

L'échevin des travaux José Dock a répondu que des mesures sont prises depuis un certain temps. "Un tiers du village de Forrières est concerné, a-t-il précisé. On ajoute de l'eau de la SWDE pour atteindre des normes acceptables : c'est la solution utilisée à l'heure actuelle."

Le bourgmestre Marc Quirynen a complété en rappelant qu'une conseillère accompagne les agriculteurs en leur conseillant des modes d'exploitation adaptés, et que trois forages témoins (piézomètres) ont été réalisés en amont de la source pour suivre de près la qualité et les volumes d'eau disponibles.

Un captage sous surveillance rapprochée depuis 2024

Le captage de Neuve-Fontaine n'est pas un captage comme les autres. Construit autrefois pour la SNCB afin d'alimenter ses locomotives à vapeur, il puise dans les sous-sols calcaires de la Calestienne et fournit en eau potable un tiers de Forrières mais aussi une partie de Jemelle, sur la commune voisine de Rochefort.

Depuis 2024, la Société publique de gestion de l'eau (SPGE) a identifié ce captage comme prioritaire. La raison : à certaines périodes, en particulier en été, les concentrations en nitrates flirtent avec la norme de potabilité fixée à 50 mg par litre. Trois piézomètres ont été forés en amont de la source, à des profondeurs allant de 20 à 60 mètres, afin de mesurer en continu les niveaux de nitrates et les débits.

Premier constat encourageant : en profondeur dans la nappe, la concentration en nitrates est deux fois moins élevée qu'à la résurgence. Elle augmente au fur et à mesure que l'eau remonte vers la source.

Un modèle agricole à adapter

Naturellement présents dans les sols, les nitrates voient leur concentration varier en fonction des cultures et des amendements. C'est pourquoi des contrats captages ont été mis en place : une démarche volontaire qui couvre désormais plus de 95 % des surfaces concernées. Sur le terrain, l'organisme ProtectEau accompagne les agriculteurs sur la fertilisation, mesure les niveaux d'azote dans les sols et conseille sur le choix des couvertures végétales entre deux cultures.

Après cinq ans de suivi, une légère diminution des nitrates commence à se dessiner. Mais les effets les plus significatifs ne seront visibles qu'une fois renouvelée toute l'eau de ce vaste réservoir naturel d'environ un million de mètres cubes.

Un autre défi : le manque d'eau en été

Au-delà des nitrates, le captage pose aussi un problème d'approvisionnement. Comme la source fonctionne par résurgence, le débit chute fortement en période d'étiage estival. Les piézomètres ont toutefois révélé que des volumes importants restent disponibles en profondeur. Pour les exploiter, il faudrait installer des pompes et amener l'électricité jusqu'aux puits, un investissement que la commune n'a pas encore tranché. Le bourgmestre a indiqué vouloir attendre la fin de l'étude avant de décider entre la pose de pompes et le maintien d'un appel ponctuel au réseau de la SWDE. La décision implique aussi la commune de Rochefort, co-concernée par le captage.

Une situation jugée préoccupante par la minorité

Pour Philippe Lefèbvre, la solution actuelle, qui consiste à diluer les nitrates avec l'eau de la SWDE, reste insatisfaisante, d'autant que la problématique perdure depuis plusieurs années. Il s'inquiète aussi du temps de réaction de la commune en cas de surplus de nitrates, question relayée par le conseiller Serge Demortier (min.). Le bourgmestre a précisé que les résultats sont connus dans les 48 heures et a conclu en assurant que tout est mis en œuvre pour sécuriser la santé des consommateurs.

Pour aller plus loin

Le reportage de TV Lux consacré au captage de Neuve-Fontaine est consultable ici : Nitrates et manque d'eau à Forrières.

L'Avenir du Luxembourg consacre également un article au sujet, dans son édition du 29 avril 2026, il est déjà disponible sur leur site internet (article réservé aux abonnés) : Nassogne : des concentrations de nitrates proches des limites de potabilité au captage de Neuve-Fontaine.

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