
Eau et immondices à Nassogne : un éclairage sur les chiffres communaux 2020-2025
La commune de Nassogne vient de me communiquer les données relatives aux impayés en matière de fourniture d’eau et de collecte des immondices pour les exercices 2020 à 2025. Ces chiffres, peu connus du grand public, permettent à la fois de mieux comprendre le fonctionnement concret des finances communales et de prendre la mesure de la situation actuelle.
Trois indicateurs par exercice
Pour chacune des deux taxes et pour chaque année, l’administration communale a transmis trois montants :
- le montant initial enrôlé, qui correspond au total de la recette de l’exercice, c’est-à-dire la somme globale à recevoir pour la taxe immondices ou pour la fourniture d’eau ;
- le montant encaissé, qui représente la somme des paiements reçus depuis l’envoi des avertissements-extraits de rôle jusqu’au 22 mai 2026 ;
- le solde restant impayé à la même date du 22 mai 2026.
S’y ajoute le nombre de ménages encore en situation d’impayé pour chaque exercice.
Les chiffres de la taxe immondices
|
Exercice |
Montant initial |
Encaissé |
Solde impayé |
Ménages impayés |
|
2020 |
568 987 € |
548 957 € |
7 868 € |
38 |
|
2021 |
549 761 € |
537 062 € |
7 502 € |
40 |
|
2022 |
512 491 € |
497 407 € |
8 571 € |
47 |
|
2023 |
485 633 € |
470 971 € |
10 544 € |
68 |
|
2024 |
446 991 € |
428 607 € |
15 684 € |
105 |
|
2025 |
471 158 € |
424 612 € |
43 241 € |
236 |
Les chiffres de la fourniture d’eau
|
Exercice |
Montant initial |
Encaissé |
Solde impayé |
Ménages impayés |
|
2020 |
1 177 865 € |
1 130 216 € |
29 805 € |
54 |
|
2021 |
1 325 057 € |
1 235 914 € |
42 347 € |
47 |
|
2022 |
1 196 027 € |
1 134 192 € |
37 048 € |
67 |
|
2023 |
1 341 841 € |
1 294 091 € |
9 678 € |
100 |
|
2024 |
1 206 660 € |
1 119 973 € |
54 927 € |
140 |
|
2025 |
1 349 571 € |
1 098 005 € |
251 360 € |
694 |
Comment lire ces chiffres
Trois précisions sont indispensables à une lecture juste de ces tableaux.
Premièrement, les soldes communiqués sont arrêtés à la date du 22 mai 2026, et non au 31 décembre de chaque exercice. L’administration communale a expliqué que ses outils informatiques ne permettent pas une extraction au 31 décembre, le processus de recouvrement étant dynamique et les données évoluant quotidiennement. Concrètement, cela signifie que les exercices anciens ont bénéficié de plusieurs années pour être recouvrés, tandis que l’exercice 2025 est encore en début de cycle : les avertissements-extraits de rôle viennent d’être envoyés et le délai normal de paiement est encore largement ouvert. La comparaison directe entre 2025 et les années antérieures doit donc être faite avec prudence.
Deuxièmement, la ventilation entre récupérations amiables (paiements spontanés ou après simple rappel) et récupérations par voie contraignante (huissiers, procédures judiciaires) n’a pas été fournie. Cette information n’est en effet pas isolée automatiquement par les outils communaux, et un traitement manuel sur six exercices aurait représenté environ un mois de travail.
Troisièmement, on remarquera que, dans chaque tableau, le montant initial ne correspond pas exactement à la somme du montant encaissé et du solde impayé. La différence s’explique : il s’agit des non-valeurs, c’est-à-dire des annulations de recettes acceptées par le Collège communal sur réclamation du redevable, ou décidées par le Directeur financier en cas d’erreur matérielle constatée. Ces annulations concernent principalement, pour la taxe immondices, des erreurs de taxation faisant suite à un déménagement ou à un changement dans la composition de la famille, et, pour la fourniture d’eau, des erreurs de relevé de compteur dans le chef du redevable. Ce mécanisme est tout à fait normal dans la gestion des taxes communales : il constitue une garantie pour le citoyen, qui peut faire corriger une taxation erronée.
Une tendance à observer dans la durée
Si l’on met de côté l’exercice 2025, dont la lecture est faussée par le calendrier de recouvrement, les chiffres font apparaître, entre 2020 et 2024, une progression du nombre de ménages en situation d’impayé : de 38 à 105 pour la taxe immondices, et de 54 à 140 pour la fourniture d’eau. Les montants en cause restent modestes au regard du volume total des recettes (le taux de paiement dépasse 95 % sur la plupart des exercices), mais le nombre de ménages concernés a plus que doublé sur cinq ans.
Cette évolution mérite d’être suivie dans le temps. Elle peut refléter des réalités diverses : évolution du pouvoir d’achat, modifications dans la structure des ménages, ou simplement effet de l’augmentation des montants facturés. Les données communiquées par la commune offrent désormais une base concrète pour en suivre l’évolution lors des prochains exercices.
Un exercice de transparence utile
La mise à disposition de ces données permet à chacun de mieux comprendre la mécanique des taxes communales, qui relèvent souvent d’une matière technique peu accessible. Elle donne aussi des repères chiffrés concrets sur la santé budgétaire de la commune dans deux domaines qui concernent l’ensemble des ménages nassognards. Une publication régulière de ce type d’indicateurs, par exemple à l’occasion du compte annuel, constituerait un complément intéressant à l’information du citoyen.
Source : Document fourni par l'Administration communale de Nassogne