Nous avons la tristesse d’annoncer la disparition de Joseph Renard, figure emblématique de Saint-Hubert, né à Harsin (commune de Nassogne) le 4 mars 1926, et défenseur infatigable de la mémoire des soldats. Il s’est éteint dans la nuit du 27 février 2026, à l’âge de presque 100 ans, alors qu’il allait célébrer son centenaire dans quelques jours. Il avait conservé des attaches familiales dans la commune de Nassogne, où son histoire personnelle reste profondément enracinée. On retrouve entre autres dans sa généalogie côté Renard les noms bien entendu Renard mais aussi Georges, Daoust, Dermience, Batter, Mossay, Warrant, Herin et Weron, témoignant de liens tissés au fil du temps entre Harsin, Ambly, Lesterny, Forrières et les villages voisins.
Fonctionnaire honoraire, homme de cœur, ancien premier échevin et citoyen d’honneur de la Ville de Saint-Hubert, Joseph était veuf de Simone Massen, décédée en 2003, et père de famille très investi dans la vie locale.
Un homme de mémoire
Joseph Renard n’était pas seulement un citoyen engagé : il a consacré une grande partie de sa vie à faire vivre le souvenir des soldats du passé, en particulier ceux souvent oubliés par les grandes commémorations. En 2017, il s’est vu décerner la Légion d’honneur, distinction rare pour un homme du monde civil qui avait consacré tant d’énergie à la cause de la mémoire des spahis — ces combattants nord-africains qui ont servi au sein de l’armée française durant la Seconde Guerre mondiale.
À plus de 90 ans déjà, lors de cette remise de médaille, il avait expliqué que cette reconnaissance n’était pas pour lui, mais pour tous ceux qui avaient combattu et dont le souvenir s’efface trop vite.
Un combat personnel né d’un drame historique
Cette quête de mémoire prend racine dès l’âge de 14 ans, lorsque l’officier allemand réquisitionna son père et lui pour évacuer le corps d’un soldat tombé en juin 1940 au lieu-dit Marengo, entre Hargimont et Harsin. Ensemble, père et fils retrouvèrent et extirpèrent le corps en décomposition du tirailleur marocain Boualio Baïza, qu’ils inhumèrent au cimetière de Chavanne-Harsin.
Cette scène douloureuse marqua profondément le jeune Joseph et fit naître en lui une volonté de ne jamais laisser certains sacrifices humains sombrer dans l’oubli.
Des décennies plus tard, Joseph et son épouse achètent le bois de Marengo, là où le tirailleur était tombé. Ils y font ériger — à leurs frais — un monument à la mémoire de Boualio Baïza, inauguré en 2016. Un lieu de mémoire indispensable, rappelant que celui qui est oublié est « tué deux fois ».
J’en ai déjà parlé deux fois sur le Blog : http://www.nassogne.eu/archive/2016/10/04/harsin-une-stele-en-hommage-a-boualio-baiza.html et http://www.nassogne.eu/archive/2024/05/08/84-ans-apres-sa-mort-on-lui-tire-a-nouveau-dessus-3358677.html
Un dernier message d’humanité
Dans l’entretien qu’il avait accordé quelques jours seulement avant sa mort à L’Avenir du Luxembourg, Joseph avait partagé ses inquiétudes face à la montée des extrémismes, au repli sur soi et au manque d’empathie dans le monde contemporain. Fatigué mais lucide, il rappelait sans cesse que croire en l’Humanité et œuvrer pour la paix devaient rester au cœur de nos engagements.
Ses dernières paroles étaient, en quelque sorte, son testament moral.
Les hommages et funérailles
L’avis de décès paru dans la presse locale rappelle son parcours et la place qu’il occupait dans le cœur de sa famille et de la communauté. Il repose au funérarium des Pompes funèbres Nicolas Moiny à Saint-Hubert, où les visites auront lieu ces jeudi et vendredi 5 et 6 mars entre 15 et 19 heures. Ses funérailles seront célébrées à la basilique de Saint-Hubert le samedi 7 mars à 10 heures 30, suivies de l’inhumation au cimetière communal.
En ces jours de deuil, nous présentons à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l’ont connu nos plus sincères condoléances.

